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Mexique: Saveurs et couleurs de Puebla

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En espagnol, Puebla veut dire ville. Ce n’est pas un hasard, puisqu’à l’arrivée des Espagnols, Puebla fût la première ville qu’ils ont complètement conçu pour eux-mêmes, dans le but d’en faire leur base suprême, sur la route commerciale entre le golfe du Mexique et la côte du Pacifique. Par conséquent, les Espagnols mirent le paquet pour doter Puebla du meilleur… Les plus belles églises et écoles, les plus beaux couvents et palais; sans parler de la cathédrale qui, d’ailleurs, demeure encore la plus haute du Mexique. C’est comme cela qu’est née la « ville des anges », comme on la surnomme aussi. Au pied d’une chaîne de montagnes et de volcans, dominée par le fameux Popocatepetl, le volcan le plus actif du Mexique. Mais Puebla ne vit pas dans son ombre, bien au contraire. Car elle lui fait concurrence avec son architecture, son artisanat et sa gastronomie, entre autres. Pour moi, ce fût une incroyable découverte; d’autant plus que cet ange méconnu n’ a pas fini de déployer ses ailes…

Des temples couverts d’or:

Tout le quartier historique de Puebla a été classé au Patrimoine mondial de l’Unesco, car il regorge de beaux bâtiments, palais et églises baroques, tels que la Chapelle du Rosaire, située dans l’église San Francisco. Construite entre 1650 et 1690, cette chapelle représente le meilleur exemple du baroque mexicain, grâce à la surabondance de feuilles d’or 22 carats, qui recouvrent toutes les parois, le plafond et l’autel, qui abrite également une statue de la Vierge del Rosario. Cette chapelle est considérée comme l’une des merveilles du monde et bat des records de popularité à Puebla.

Bien sûr, la cathédrale demeure impressionnante elle aussi, d’autant plus qu’elle a été construite pendant 75 ans (de1575 à 1650) et qu’elle mélange plusieurs styles (baroque et néo-classique). D’ailleurs, elle a été terminée grâce à l’évêque Juan de Palafox de Mendoza, qui offrit une partie de sa fortune personnelle pour qu’on puisse terminer son toit et la consacrer officiellement. Très important pour Puebla, cet évêque a aussi offert aux habitants une partie de sa collection de livres (5000 volumes); ce qui a donné naissance à la Bibliothèque Palafoxiana (voir plus bas). Palafox de Mendoza fit aussi construire la chaire et le baldaquin, dans un style néo-classique très semblable à celui de Saint-Pierre de Rome. Derrière le baldaquin se cache la plus vieille partie de la cathédrale, soit l’autel de style baroque. Deux soirs par semaine, la façade de la cathédrale devient un écran géant, sur lequel on projette un spectacle multimédia (videomapping), qui raconte certains chapitres de l’histoire de Puebla. Ce spectacle change régulièrement, au fil de l’année. (Vendredis et samedis soirs, à 20h30 et 21h15, gratuit)

Promenade autour du Zocalo:

Bien sûr, comme dans la majorité des villes coloniales, le quartier historique a pour coeur la Plaza Mayor ou Zocalo, comme on l’appelle souvent au Mexique. C’est ici qu’on croise les cireurs de chaussures en semaine, les vendeurs de ballons les fins de semaine, sans parler des couples et des familles qui en font leur point de rencontre privilégié. La place est bordée par la cathédrale et par les arcades (los Portales), qui forment un quadrilatère. Le principal est le Portal Hidalgo, qui mène vers le Palacio Municipal (l’Hôtel de ville): un édifice qui se visite gratuitement, où l’on peut voir de beaux plafonds art déco et les armoiries de la ville, en haut de l’escalier. Il y a aussi une foule d’autres beaux bâtiments baroques dans les rues voisines, dont la Casa Alfeniqua (qui porte le nom d’un gâteau au sucre, à cause de cette crête blanche qui le coiffe) et la Casa de los Munecos, dont la façade est remplie de personnages, représentés sur des céramiques. (Calle 6, coin 5 Oriente).

Bibliothèque Palafoxiana:

J’adore les bibliothèques et celle-ci mérite bien de faire partie du Patrimoine mondial (dans la catégorie « mémoire du monde »). Située au deuxième étage du Colegio de San Juan, elle renferme un héritage précieux,  en commençant par les 5000 premiers volumes donnés par l’évêque Juan de Palafox de Mendoza. En voulant rendre ces volumes accessibles à la population, Palafox de Mendoza allait ainsi créer la première bibliothèque publique en Amérique. Aujourd’hui, elle abrite 45 000 volumes, répartis sur trois étages. Bien sûr, les textes religieux et sacrés ont hérité des premiers rayons, tout en bas. Au deuxième étage arrivent les textes religieux, influencés par les sciences humaines. Puis, au troisième, suivent les volumes de sciences humaines, géographie, histoire naturelle, etc.  www.palafoxiana.com

Fabrique de porcelaine :

Les villes et villages de la région ont tous des traditions artisanales encore bien vivantes. Celle de Puebla est la céramique, qu’on appelle ici « talavera« . On la retrouve beaucoup dans la décoration des immeubles (sur les façades), dans la vaisselle et des objets de toutes sortes. D’ailleurs, même les boules de Noël sont faites en porcelaine par ici…. C’est ce qu’on découvre en visitant la Fabrica de Talavera Uriarte, qui s’avère la plus ancienne de Puebla et l’une des plus vieilles du pays. Fondée par la famille Uriarte en 1824, elle fabrique encore la traditionnelle céramique de Puebla, devenue une appellation contrôlée. On y emploie une centaine d’artisans, car toutes les étapes y sont réalisées à la main: du tournage de l’argile à l’application des enduits, en passant par les dessins et la peinture des motifs. D’ailleurs, les visites guidées nous permettent de voir toutes les étapes de production: un beau privilège, qui nous aide à comprendre toute la complexité du processus. Au deuxième étage, on découvre aussi la maison originale de la famille Uriarte et des expositions d’oeuvres plus contemporaines. Visites guidées quotidiennes, de 10h à 15h. Celle de 11 heures est gratuite (50 pesos pour les autres). http://www.uriartetalavera.com.mx

Musée international du Baroque:

Puebla étant la quatrième ville du pays, elle a aussi ses quartiers et institutions plus modernes, qui ont d’ailleurs pris beaucoup d’expansion ces 5 dernières années. Le musée international du baroque en est un bel exemple, puisqu’il arbore une architecture audacieuse et qu’il a été réalisé en moins d’une année, pour ouvrir ses portes le 4 février dernier.  Comme Puebla figure parmi les plus belles villes baroques d’Amérique, elle s’est donc offert ce musée: d’envergure internationale, c’est vrai ! Car le musée nous présente le baroque à travers le monde, dans différentes disciplines (architecture, peinture, musique, mode, etc.) Et la compréhension devient plus facile, car toutes les salles contiennent des éléments interactifs (écrans tactiles, films, extraits visuels, etc.) Un musée très bien fait, et qui possède aussi un restaurant charmant, tout en haut.

Musée Amporo:

On pourrait en dire autant du Musée Amparo. Celui-là aussi vaut le détour pour ses collections ET pour son restaurant, situé sur la terrasse; ce qui nous donne une des meilleures vues sur les toits de la cathédrale et le centre historique. Quant au musée lui-même, il a été fondé à partir de la collection privée de Manuel Espinosa Yglesias. Aujourd’hui, il s’agit de la plus importante collection dans un musée privé au pays. Il est réputé notamment pour sa vaste collection préhispanique (plus de 1700 pièces), présentée par thèmes (les animaux, les arts, etc.) Voyez aussi la collection de la période vice-royale, au deuxième étage: de très beaux meubles de marqueterie, des peintures, etc. (2 Sud et 9 Oriente) http://www.museoamparo.com

Vues d’en haut:

Voici un secret bien gardé: juste au coin de l’église San Francisco, on peut monter dans les ascenseurs de l’ immeuble « Center » (un magasin d’appareils électroniques au rez-de-chaussée) pour rejoindre leur café, situé sur le toit. Un excellent endroit pour relaxer, en admirant les toits et ruelles du centre historique. On peut aussi s’offrir une belle balade en hauteur, grâce au nouveau téléphérique, situé dans le «Secteur des forts».

Puebla gourmande:

Le Mexique possède une des cuisines les plus variées; et c’est notamment grâce à la région de Puebla, qui a créé plusieurs des plats emblématiques du pays. Déjà, la région est très riche et fertile; ce pourquoi elle profite d’une abondance de produits variés. Voilà pourquoi on y retrouve aussi quelques spécialités saisonnières, dont le chile en nogadas (piment en neiges), qui se fait surtout en été et qui est même devenu le plat national. A Puebla, vous pourrez donc goûter une foule de choses dont: les memela (pizza sur tortilla de mais) , chalupas, huajolote (petits tacos, fourrés avec guacamole, crème sure, fèves noires, poulet), feuilles de cactus (grillée, avec sel dessus), sans oublier le fameux mole poblano. Ce mole est une sauce au chocolat épicée, préparée avec une trentaine d’ingrédients (dont amandes, arachides, raisins, chocolat, bananes, cannelle, différentes sortes de piments) Elle est généralement servie avec du poulet, mais peut l’être aussi avec d’autres viandes, voire même du poisson. L’un des meilleurs « mole poblano » de Puebla est celui d’Angelica Bravo Guttierez, chef et propriétaire du restaurant La Casita poblana. (lauréate du Chowzter Award pour le meilleur plat de l’Amérique latine, en 2014)

Il y a aussi une rue entière, dédiée aux spécialités sucrées: la rue de Santa Clara, surnommée Calle de los Dulces. Car c’est dans l’ancien couvent Santa Clara que les religieuses ont commencé à élaborer toutes sortes de confiseries, vers le 17ème siècle. Ces douceurs sucrées n’ont pas perdu de leur popularité, au contraire; si bien que les confiseries occupent toute la rue aujourd’hui. Et toutes proposent des dizaines de variétés de bonbons, biscuits et confiseries, souvent à base d’amandes, de noix de coco ou de patates douces.   

Merci à Visit Puebla, au Conseil de Promotion du tourisme mexicain, à Aeromexico et à leurs partenaires.

Voyez aussi mon sujet sur les villages magiques autour de Puebla:

Informations pratiques:

S’y rendre: Aéromexico propose des vols directs quotidiens entre Montréal et Mexico. Une fois à Mexico, de nombreux autobus mènent vers Puebla. http://www.aeromexico.com

Où séjourner: Casareyna: Un superbe hôtel boutique, dans un ancien palais. 1007, Privada 2 Oriente. http://www.casareyna.com

A voir aussi: Le quartier des artistes (Barrio del Artista): une foule de petites galeries et studios d’artistes, où ces derniers exposent principalement des peintures.  Dans la continuité suit aussi le marché d’artisanat « El Parian », où les commerçants proposent des objets variés, vêtements et confiseries. Voyez aussi la boutique du Centre d’information touristique, qui expose et vend les spécialités artisanales de Puebla et celles des 9 villages magiques (« pueblos magicos ») de la région.

Adresses gourmandes: Casita Poblana : 3912, rue 16 de Septiembre. http://www.lacasitapoblana.com

El Anafre Rojo: Ici, la spécialité est le « mole rosso » (rose). Le mieux est d’opter pour leur dégustations de 4 moles. 602, rue 4 norte. http://www.elanafrerojo.com

Informations complémentaires: http://www.puebla.travel ou http://www.visitmexico.com

 

 

 

Un commentaire

  1. Ping : Mexique : Vive les villages magiques ! | globe raconteuse

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