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Martinique: Aux couleurs du carnaval!

Non, Rio de Janeiro n’a pas le monopole du carnaval… La Martinique, dans les Antilles françaises, le célèbre aussi; à grand renfort de congas, trompettes et autodérision !

Les préparatifs et les bals commencent quelques semaines avant le Mardi gras. Mais c’est vraiment le vendredi juste avant que toute l’activité économique de l’île s’arrête, pour une série de jours fériés qui se terminent le Mercredi des cendres. Déjà, le vendredi matin, les écoliers et leurs professeurs quittent leurs bancs d’école pour défiler dans les rues de Fort-de-France. Et plusieurs d’entre eux choisissent de s’habiller en… petits diables, tiens donc ! Quelques heures plus tard, on sent une véritable frénésie dans l’air. Tandis que les écoliers se dispersent tranquillement en soufflant dans leurs trompettes, les adultes se précipitent dans les magasins et se dépêchent à faire leurs dernières courses, comme s’ils se préparaient tous à  affronter quelques jours de tempête…

Et dans les faits, c’est vrai que le compte à rebours est commencé. On m’avait prévenue, je croyais qu’on exagérait, mais au coucher du soleil, je me suis retrouvée à courir pour attraper de justesse le dernier taxi collectif qui quittait le terminus.Voilà donc qui est prouvé: dès que tombent les rayons du soleil ce jour-là, l’île se transforme en citrouille, ou presque. Plus de transport en commun, plus d’horaires qui tiennent et surtout, au diable les convenances ! L’île se met en mode « Carnaval » : un état où tout est permis (ou presque), surtout s’il s’agit de provoquer des fous rires… Mais, rassurez-vous, les Martiniquais en profitent surtout pour rire d’eux-mêmes; en espérant que les autres – y compris les visiteurs étrangers – auront assez de cran pour faire de même, bien sûr ! Après tout, plus on est d’fous costumés, plus on rit !

Lorsqu’arrive le Dimanche gras, attention ! Dès le matin, pour  le « vidé en pyjama », les femmes défilent en pyjama et les hommes, en chemise de nuit affriolante…. Le ton est donné ! Quelques heures plus tard, voilà qu’on remet ça en beauté, pour le défilé du soir, dans les rues de Fort-de-France. Mes amis Martiniquais m’ avaient prévenue: « lors du carnaval, tu peux même croiser ton banquier en string ! » Et moi de penser: « oui, oui, ils ont déjà commencé un peu fort sur le ptit punch…Eh bien, bonjour les surprises ! Si on dit qu’une image vaut mille mots, voyez vous-mêmes ci-haut un (tout) petit aperçu de ce que ça peut donner ! Ce jour-là, toutes les couleurs fluos sont à l’honneur, et presque tous les enfants sont maquillés et costumés. Et manifestement, leurs grandes soeurs (ou leurs mamans) s’amusent encore plus, en défilant avec leurs maillots les plus sexy et leurs bas en résille. Mais dans bien des cas, ce ne sont pas les grandes soeurs ou les mamans qui défilent ainsi, mais les papas… Oui, ce jour-là, même les Martiniquais les plus virils donnent congé au machisme traditionnel et s’amusent à s’habiller comme le sexe opposé. En affichant leurs cuisses, leurs fesses et leurs torses musclés… dans des maillots ou des strings roses. Et en les regardant bien, on s’aperçoit qu’en effet, il y en a de tous les âges et de tous les genres… Et très certainement quelques banquiers ou avocats parmi eux! Mais visiblement, ce jour-là est celui où tous les masques tombent; où tout le monde se retrouve dans le même bateau: hommes et femmes, jeunes et vieux, noirs et blancs… Et un sacré beau bateau en plus: léger, dérisoire, rassembleur et libérateur !

Bien sûr,  comme toutes les réjouissances de foules peuvent mener à quelques excès, on vous dira qu’il faut tout de même se méfier lors des journées de carnaval. Mais foi d’une fille qui en a vu quelques autres (réjouissances semblables), ce défilé à Fort-de-France n’avait rien de menaçant. Les gens étaient festifs mais respectueux, détendus, ouverts à la conversation et aux fous rires complices. Une belle ambiance bon enfant, tout en mauve et rose bonbons….

Malheureusement, mon carnaval devait s’arrêter là, mais pas celui des Martiniquais ! Généralement, le Mardi gras, tout le monde arbore le rouge, la couleur du diable; tandis que le lendemain, tous s’habillent en noir et blanc pour participer au cortège funéraire de Vaval, une effigie caricaturale que l’on brûle, sous les fausses lamentations des fêtards. Ensuite, on se donne rendez-vous à l’an prochain !

Pour en savoir plus: http://www.lamartinique.ca

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