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France: Quand la Normandie se souvient de nous…

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La Normandie se souvient… Et elle se souvient notamment de nous, les Canadiens, qui avons participé au fameux Jour-J, le 6 juin 1944. Lorsqu’on roule sur la côte normande, on croise régulièrement des drapeaux canadiens : au cœur des cimetières, dans les musées et même, dans les vitrines de restaurants… Et bon nombre de Normands nous accueillent comme si on faisait partie de leur famille, ou presque… Pas de doutes, c’est émouvant ! Dans une seule journée, on vacille constamment entre le passé et le présent, la tristesse, la joie et la reconnaissance… Et toutes ces émotions seront encore plus présentes cet été, car le Centre Juno Beach, le Mémorial de Caen et toute la côte de Nacre célébreront le 75ème anniversaire du Débarquement, pour rendre hommage aux nombreux soldats tombés sur ces plages le 6 juin 1944. C’est l’occasion idéale d’aller saluer le courage de nos héros, tout en rencontrant de nouveaux amis Normands !

 Le Centre Juno et les plages du Débarquement :

Les plages du Débarquement s’étendent sur plusieurs kilomètres, car l’assaut maritime des Alliés, le 6 juin 1944, s’est déroulé sur cinq plages : Utah, Omaha, Gold, Juno et Sword, ainsi qu’à la Pointe du Hoc. Les Britanniques sont débarqués à l’est (Sword Beach), les Américains plus à l’ouest (Utah et Omaha), tandis que les régiments canadiens, eux, sont principalement débarqués sur la plage Juno. Ce lieu et les municipalités voisines (Courseulles-sur-mer et Bernières-sur-mer, notamment) sont donc restés fortement imprégnés dans la mémoire des vétérans canadiens; ce qui a d’ailleurs incité des vétérans à y fonder le Centre Juno Beach, en 2003. Dirigé par des Canadiens, ce musée rend hommage aux 45 000 Canadiens qui ont perdu la vie pendant la Seconde Guerre mondiale; dont 5 500 au cours de la Bataille de Normandie. « C’est un important chapitre de notre histoire qui s’est déroulé ici », explique Marie-Eve Vaillancourt, la responsable des expositions pour le Centre Juno Beach. « Les Canadiens ont tout intérêt à venir en Normandie car partout, les gens leur témoignent une énorme gratitude… ».

D’ailleurs, le Centre Juno a été fondé pour pouvoir transmettre cette mémoire aux générations futures ; d’où l’importance de leur parcours pour jeunes,  qui est très bien fait ! Dans les premières salles, on nous présente aussi le Canada d’avant-guerre, puis toutes les étapes qui nous ont menés dans le conflit aux côtés des Alliés. Bien sûr, on y retrouve de nombreuses images, des cartes, des témoignages audio-visuels, des vêtements et des objets, qui ont tous une histoire bien précise… On constate que plusieurs régiments y ont participé (dont celui de la Chaudière, au Québec), de même que plusieurs infirmières et correspondants de guerre, dont on salue le courage également… A la fin défilent sur les murs les noms des 45 000 Canadiens qui ont perdu la vie dans ce conflit : de quoi lire pendant 13 heures et demie en continu ! Le film « Sur leurs pas » – est aussi très poignant et émouvant.  En plus, dès le printemps, on y présentera une exposition supplémentaire sur « les Grandes Femmes dans la Guerre 1939-1945 », ainsi qu’un nouveau parcours encore mieux adapté pour les jeunes (modules interactifs, écrans tactiles, etc.).

En collaboration avec l’office de tourisme Terres de Nacre, ils ont aussi produit un circuit (« Sur leur pas ») composé de 7 structures cubiques, qui seront placées dans différentes communes. Toutes rendront hommage à des civils et des soldats (dont certains Canadiens) qui ont vécu l’Occupation, le Débarquement et la Libération. www.junobeach.org

La Maison des Canadiens :

De nombreux vétérans canadiens ont un attachement particulier pour cette maison de Bernières-sur-mer, qu’on appelle «  la Maison des Canadiens ». Comme l’explique sa propriétaire, Nicole Hoffer, « cette résidence (qui appartenait à la famille de son mari) avait été réquisitionnée par les officiers allemands, lorsqu’ils occupaient ces côtes normandes, en 1944. » « Or, poursuit-elle, c’est précisément ici que les soldats canadiens sont débarqués le 6 juin; et ce fût la toute première maison qu’ils libérèrent, ce matin-là. » Malheureusement, 93 autres perdirent la vie juste devant; ce que rappellent les nombreuses croix et drapeaux canadiens alignés juste au pied de la maison.  Comme le raconte madame Hoffer, la maison était redevenue une résidence privée après la guerre.  « Nous n’avions jamais réalisé tout ce qu’elle pouvait représenter, mais un jour, nous avons découvert que plusieurs vétérans canadiens venaient se recueillir juste en face. Certains s’agenouillaient et éclataient même en sanglots… A partir de ce jour-là, nous leur avons ouvert nos portes et, petit à petit, la maison est devenue un lieu de mémoire, rempli de souvenirs, que les vétérans eux-mêmes nous ont offert, pour la plupart.» En effet, cette maison renferme des photos, des vêtements, des coupures de journaux et des souvenirs personnels, qui ont tous une histoire très touchante; surtout lorsque c’est madame Hoffer qui vous la raconte…  La Maison accueille les visiteurs, mais on nous demande de fournir une contribution volontaire (n’hésitez pas à les encourager; c’est tout à fait justifié !)

Cimetières canadien et américain :

Autre lieu très émouvant : le cimetière militaire canadien, situé près du village de Reviers (on dit aussi Beny-sur-Mer), sur la D35. Dès les premières minutes, on remarque à quel point ce lieu est empreint d’une lumière et d’une auréole de paix toutes particulières. Et ce sentiment (un mélange de tristesse et de pudeur) nous gagne encore plus lorsqu’on remarque les âges de ces jeunes soldats (18, 20, 23 ans); aux pieds desquels sont posés des fleurs ou des drapeaux. Ils sont plus de 2000 hommes enterrés ici, dont plusieurs de la 3ème Division canadienne, qui a participé au Débarquement et à la marche sur Caen.

En poursuivant vers l’ouest, vous pouvez aussi vous rendre jusqu’au cimetière américain (Normandy American Cemetery), qui se trouve juste au-dessus de la plage d’Omaha, à Colleville-sur-Mer. Encore plus vaste celui-là, mais tout aussi solennel et incroyablement paisible. Ici, près de 10 000 petites pierres tombales, parfaitement alignées…  Avec les plages et la mer, juste derrière, qui semblent désormais veiller sur elles. Bien sûr, ce lieu fait partie des sites funéraires permanents des États-Unis en terre étrangère; ce pourquoi il compte aussi un mémorial en forme de colonnade, précédé d’un long bassin d’eau. A l’arrière, un mur contient le nom de 1557 soldats disparus, plus des cartes relatant les événements du Jour-J. Ouvert toute l’année. Gratuit. http://www.abmc.gov

Arromanches 360 :

Voilà déjà un arrêt valable, juste pour le coup d’œil ! Car le cinéma circulaire Arromanches 360 domine les vestiges du fameux port artificiel, qui avait été construit par les Alliés (il en reste encore quelques vestiges, dans la mer). Quant au cinéma lui-même, il compte 9 écrans côte à côte (unique en France) ce qui s’avère très efficace pour nous immerger au cœur de l’action, alors que défilent tout autour de nous des images d’archives, inédites et poignantes. 18 minutes intenses, qui retracent les 100 jours (oui, 100 jours !) de la Bataille de Normandie, en rendant hommage aux soldats et aux nombreux civils qui ont péri dans les villes normandes. Séance toutes les demi-heures. Ouvert toute l’année (sauf en janvier). 6 Euros. http://www.arromanches360.fr

Mémorial de Caen :

A elle seule, la ville de Caen a subi des bombardements massifs (6 semaines de combats) en 1944, avant d’être libérée par les Canadiens, le 9 juillet. Ce serait déjà une bonne raison pour en faire un incontournable… mais il y en a d’autres ! Car ce musée est très bien fait, bien documenté, et il donne un panorama très global des événements et du contexte social qui ont mené à la Seconde guerre, de même qu’à la guerre froide qui suivit. Bien sûr, on nous raconte aussi les principaux chapitres entre 1939 et 1945; ce qui inclue des récits touchants sur la Résistance, les camps de concentration, le rôle des femmes (et les histoires d’amour avec les soldats !) Chose certaine, on peut aisément y passer 2 ou 3 heures, sans même avoir le temps de tout voir ! Par contre, il faut se garder 20 minutes pour voir le film. L’effet d’un coup de poing, mais tellement pertinent ! Dans le cadre du 75ème anniversaire, le Mémorial de Caen proposera aussi des conférences, une exposition inédite dédiée au peintre américain Norman Rockwell, ainsi qu’une nouvelle salle immersive 360°, présentant le film « l’Europe, notre histoire commune ». Ouvert toute l’année sauf en janvier. Adultes : 19,80 euros. www.memorial-caen.fr

Célébrations commémoratives pour le 75ème :

Le 6 juin, la Maison des Canadiens accueillera le régiment Queen’s Own Rifles du Canada pour une journée commémorative et une cérémonie à la lanterne (le 6). Il y aura aussi des visites guidées gratuites de la Maison des Canadiens, mais uniquement sur rendez-vous. Le 8 juin, plus de 300 embarcations navigueront au large et débarqueront ensemble sur la plage de Bernières-sur-mer, où défileront aussi une cinquantaine de pipe bands, avec leurs cornemuses. www.labernieraise.fr  Il y aura aussi de nombreux autres événements commémoratifs et intergénérationnels dans le cadre du D-day Festival Normandy (du 25 mai au 14 juin) Quelques exemples : Journée vintage (le 1er juin) au centre-ville de Douvres-la-Délivrande, avec défilé de vélos décorés et de véhicules de la Guerre, ambiance musicale et festive, animation Photobus, tenues d’époque. A Courseulles-sur-mer, le Débarquement canadien raconté aux enfants et aux grands : dimanches 2 et 9 juin, 10h30 en français, 15h en français et en anglais, durée : 1h. Corinne et Philippe, tous deux en tenues d’époque, entraînent les visiteurs dans les pas des Canadiens débarqués sur le secteur Juno Beach. 5€. Gratuit pour les moins de 12 ans. Départ à l’office de tourisme. http://www.visitesaucoeurdelhistoire.fr  Voir aussi : www.ddayfestival.com

Informations pratiques :

S’y rendre : On peut aisément rejoindre Caen et la Côte de Nacre (celle des plages du débarquement) à partir de Paris (2 heures en train ou en voiture).

Où dormir et manger : L’hôtel La Crémallière (23 avenue de La Combattante, à Courseulles-sur-Mer) Leur restaurant propose aussi de nombreuses spécialités normandes (dont des huîtres, des poissons du jour, etc.) à des prix très corrects. https://www.la-cremaillere.com/

A voir aussi : la ville de Bayeux, qui a pu être préservée des bombardements et qui a conservé plusieurs bâtiments de l’époque médiévale.

Informations complémentaires : www.terresdenacre.com, www.normandie-dday.com, http://www.normandie-tourisme.fr

 

 

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