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Cuba: l’art de faire tout un tabac !

Si on m’avais dit qu’un jour je trouverais du charme aux cigares, j’avoue que je ne l’aurais pas cru… Il est vrai qu’ avant, je n’appréciais nullement l’odeur des cigares, pas plus que la compagnie des fumeurs de cigares, auxquels je n’avais jamais trouvé aucun charme particulier. C’était avant Cuba…

Car chaque fois que je remets les pieds sur l’ Isla grande, mon aversion habituelle pour les cigares s’envole en fumée… Bon, peut-être que le rhum y est un peu pour quelque chose, puisqu’à Cuba, rhum et cigares vont souvent de pair, comme deux vieux amants qui ne s’entendent pas toujours bien, mais ne peuvent plus se passer l’un de l’autre… Mais au delà de cela, j’en suis arrivée à croire qu’à Cuba, les cigares font vraiment partie du paysage, au sens propre et figuré. Non seulement vont-ils de pair avec l’environnement et l’ambiance, ils semblent même devenus le symbole de l’identité cubaine. D’ailleurs, dans les rues de la Havane, bien des hommes et des femmes gagnent maintenant leurs vies en se faisant photographier, le cigare au bec… Et ce n’est pas un hasard ! Car, plus souvent qu’autrement, le cigare joue aussi un rôle notoire dans le charme cubain. Celui des hommes, bien sûr… Pas tous, mais plusieurs d’entre eux, qui savent se servir du cigare comme d’une petite arme de séduction, subtile mais efficace. Le cigare leur donne une prestance et une sorte d’assurance à toute épreuve. Il semble aussi servir d’écran ou de prétexte idéal pour jeter des regards francs, directs et parfois aussi langoureux que les volutes de fumée qui les accompagnent… Pas étonnants qu’en arrivant à Cuba, tous les touristes soient aussi tentés de s’y mettre. Mais le cigare est un peu comme les Cubains eux-mêmes: il conserve toujours une part de mystère…

«Il faut vivre sur place pour bien comprendre tous les paradoxes du mode de vie cubain»; me disait un ami. On pourrait tirer la même conclusion pour les cigares… Pour bien comprendre toute leur valeur, l’idéal est de se rendre aux sources: dans la région de Pinar del Rio, où pousse le meilleur tabac au monde, disent les Cubains avec fierté. Située à l’extrême ouest de l’île, la province de Pinar del Rio se démarque aussi par ses paysages et ses écosystèmes uniques. Toutes les grandes compagnies de cigares célèbres à l’étranger (Cohiba, Romeo & Julieta, etc.) s’approvisionnent par ici, tout autour de la ville de Pinar del Rio. Dans cette campagne tranquille, au milieu de petites maisons modestes, se déploient des dizaines de champs de tabac, au milieu desquels on aperçoit aussi quelques séchoirs traditionnels, souvent coiffés d’un toit de chaume. Dans cette région, les plantations de tabac, les séchoirs et les bêtes qui travaillent aux champs partagent la vedette avec d’étonnants palmiers qui arborent des excroissances arrondies, telles des ventres de femmes enceintes. Mais cette région est aussi réputée pour ces étranges montagnes arrondies surnommées les mogotes. La présence de ces formations géologiques spéciales et les traditions agricoles liées au tabac forment un tandem assez unique; ce pourquoi le Parc national de Vinales a reçu la reconnaissance de l’Unesco, à titre de «Paysage culturel de l’humanité».

Depuis quelques années, les producteurs de tabac de cette région sont en train d’organiser une «Route du tabac», pour permettre aux curieux et aux amateurs de cigares de découvrir à la fois les champs, les séchoirs et les fabriques de cigares. Car paradoxalement, même si le cigare est souvent un symbole de virilité, son processus de production nécessite plusieurs étapes de labeur minutieux, encore faites de façon artisanale. Dans un seul cigare passent donc le labeur d’un tas de paysans et d’artisans, qui ont humé, sélectionné, séché, coupé et roulé ses feuilles, avec un grand soucis du détail… Voilà pourquoi le cigare cubain a son prix et qu’il fait partie d’une catégorie bien à lui… A sa façon, il établit une complicité entre les paysans et les citadins, entre les hommes et les femmes; de même qu’ entre tous les aficionados des cigares, qui semblent vraiment partager une sorte de pacte secret…

Malheureusement pour moi, mes quelques bouffées de cigare n’ont pas suffi pour me faire admettre dans le cercle des initiés… Non, je n’ai pas encore percé tous ses mystères, mais j’en sais déjà assez pour comprendre pourquoi il fait tout un tabac !

Informations pratiques: Comme Piñar del Rio se trouve à quelques heures de route de la Havane, plusieurs compagnies cubaines y proposent maintenant des excursions d’un jour, qui font généralement escale à la Fabrique de tabac de Piñar del Rio, ainsi qu’au belvédère Los Jazmines, qui permet d’avoir une vue plongeante sur toute la vallée et sur ces surprenants mogotes.
Pour s’en procurer: Situé au coeur de la vieille Havane, l’hôtel Conde de Villanueva (202, rue Mercaderes) a été conçu pour les connaisseurs de cigares et possède l’une des meilleures boutiques de la ville. On trouve aussi une belle sélection de cigares, rhums et café à la boutique en face de l’hôtel Santa Isabel (voisin de la Place d’Armes).

Voyez aussi mon sujet sur la Havane:

https://nathaliedegrandmont.com/2014/11/05/cuba-10-raisons-daimer-la-havane/

Et sur Cuba, au-delà des plages:

https://nathaliedegrandmont.com/2014/11/08/cuba-au-dela-des-plages/

Un commentaire

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