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Tunisie: Chauds chauds les dromadaires!

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Bien sûr, quelle femme n’ a jamais remarqué que les mâles de notre espèce peuvent parfois adopter de drôles de comportements lorsqu’arrive la saison des amours… Mais voilà qui plaira à nos mâles: ils sont loin d’être les seuls !

J’ai eu l’occasion de le découvrir au milieu des dunes de Douz,  dans le Grand sud tunisien. Après avoir vu les belles oasis de montagnes de Tozeur et les mirages du désert salé du Chott El-Jérid (entre Douz et Tozeur), voilà que s’annonçait mieux encore:  l’ immense désert du Sahara, dont les premières dunes commencent à quelques jets de sable de Douz. Et si on dit qu’à Rome il faut faire comme les Romains, alors ici, à Douz, il faut laisser notre coquetterie au placard, pour essayer l’incontournable balade en dromadaire… Notre coquetterie et notre orgueil, surtout, puisqu’on nous incite aussi à enfiler un foulard sur la tête et une grande djellabah difforme… Mais on a vite fait de comprendre la raison d’être de l’un et l’autre. Le foulard, pour contrer (un peu) la chaleur qui irradie des dunes et la poussière de sable que soulèvent les dromadaires en avançant. Et la djellabah ? Pour tout le reste… Surtout lorsque les dromadaires sont en rut !

Ce n’était pas ma première randonnée à dos de dromadaire mais je n’avais jamais vu de scènes semblables. Déjà, sur le terrain où nous attendaient les dromadaires, il semblait y avoir beaucoup d’électricité dans l’air… On sentait les gardiens un peu nerveux et les bêtes, encore plus. Nous l’étions aussi,  appréhendant  l’ascension ( car lorsqu’un dromadaire se lève, on bascule à 90 degrés, il faut être bien accroché ! ). Mais voilà que les bêtes elles-mêmes ne semblaient pas tenir en place, ayant la tête sans cesse tournée vers leurs voisins… Les gardiens ont tout de même réussi à faire avancer le cortège, mais, visiblement, les dromadaires semblaient vouloir se coller, s’étirant sans cesse le cou vers les autres. Et quelques minutes plus tard, l’un d’eux a commencé à gargouiller de façon tapageuse… À se gonfler la poitrine et la bouche, pour en sortir une langue immense, qu’il roulait et tirait à qui mieux mieux en direction de ses voisins; ce que les autres commencèrent à faire à leur tour.

S’agissait-il d’un rituel de séduction ? En tout cas, pour la subtilité; on pourrait repasser ! Mais non… ce n’était pas l’équivalent dromadaire du french kiss, puisque toutes nos montures étaient des mâles… Il s’agissait plutôt d’un rituel d’intimidation, la façon dromadaire d’en faire baver à ses adversaires potentiels… en bavant et en tirant la langue plus fort qu’eux !  Pour nous, cela a donné lieu à une balade pas mal plus mouvementée que prévue, alors que nos montures semblaient complètement faire fi de notre présence et des consignes du guide, pour n’en faire qu’à leur tête… Mais en revanche, quel spectacle loufoque ! Au milieu du désert, certes, mais comme dans un ring… Avec des combattants bien déterminés à montrer qui a la plus grosse « bosse » …

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